vendredi 31 octobre 2008
Pochette surprise
Je découvre aujourd'hui qu'il est certainement des billets destinés à n'être jamais publiés. Non vraiment, ou alors c'est juste le fruit de hasards enchainés.
Parce que si tu as bien suivi, j'avais prévu de te parler ballade et poésie, mais depuis hier soir, tout persiste à le faire annuler. Donc à la remise l'ancien billet.
Présentons les choses ainsi:
Je réalise depuis peu qu'heureusement toi et moi on est bien constitué, parce que parfois en amitié...eh ben, comment dire, t'es pas toujours aidé!
Je te dresse le tableau:
Je rentre chez moi hier soir après 23 heures et un diner arrosé. S'ensuit l'effroyable esclavage de l'écrivain moderne, celui qui refuse de consacrer toutes ses soirées à "l'art" et qui commence donc à écrire le billet à une heure on ne peut plus avancée.
Tu veilles avec moi là? Je suis rassurée.
Et donc, c'est à 1h30 que tu finis par rejoindre Morphée, et crois moi dans ces cas là t'es plutôt heureux de le retrouver.
Sauf que...sauf que...Sauf qu'exactement 2 heures plus tard, tu sais, pile poil au moment ou tu te prépares à rencontrer le fameux sommeil paradoxal, ton interphone se met à sonner. Tendance sirène de pompier dans la série urgences et brancardiers!
Alors après 3 essais, quand tu comprends un peu ce qui t'arrive, tu t'élances à whalou sur ledit interphone.
- "Allo" ? -voix gutturale-
-"C'est Sophie! " - ehhhh oui, t'as gagné le droit d'être citée -
-" Quoi? Mais qu'est ce que tu fous là?"
-"Tu pourrais descendre avec 10 euros?"
-"Pardon?" (non parce que je sais pas toi mais moi quand on vient me racketter en plein milieu de la nuit, je m'interroge)
-"C'est Sophie...j'ai besoin de 10 euros pour payer le taxi...Je ne peux pas monter, j'ai des béquilles et en plus je n'ai plus d'argent, plus de sac, plus de téléphone, plus de papiers"
Alors là d'un coup...tu comprends le mot "Urgences", tu te dis que l'interphone a plutôt bien joué son rôle d'alarme, rapport au fait que ta meilleure amie est sans doute dans une M....... noire, et que n'écoutant que ton courage, tu te lances dans des fouilles archéologiques pour trouver au fond de l'un de tes sacs, le fameux billet.
Tu attrapes une vieille robe de chambre et tu te dévales les escaliers, te prenant évidemment les pieds dans la ceinture, que dans ta précipitation, tu as oublié de fermer.
Mais peu importe, tu finis ton périple à cloche pied, le cœur boosté à 300 tours minute, et, reconnaissons le, la gueule vraiment enfarinée.
Et là, clou du spectacle, tu ouvres la porte du rez de chaussée...
Tu sais ce que ça veut dire hilare?
Hilare qu'elle était.
Sur ses deux béquilles, le dos vouté par son énorme caméra et je le soupçonne fortement mais disons le joliment...quelque peu grisée.
Moi interloquée:
- "Tu te fous de ma gueule?!"
Elle morte de rire:
-"T'as les 10 euros?"
Moi essayant à grand mal de garder mon sérieux:
-"Tu te fous de ma gueule??" Je lui tends le billet. Elle part payer.
-"T'as deux minutes pour m'expliquer...parce que je te la fais courte: je suis claquée, je me fais réveiller brutalement en pleine nuit par sa majesté et sans me rappeler qu'on ait prit rendez-vous...alors forcément je m'inquiète un peu ma cocotte"
et trente secondes plus tard, autour d'une tasse de thé:
"- Non mais tu vois, j'avais une soirée. Hyper sympa cela dit. Et puis je suis partie, chargée comme un baudet avec ma caméra; Eux, gentiment, ils m'ont mise dans le taxi, et une minute plus tard j'ai réalisé que j'avais tout oublié: Mon sac, mes papiers, le téléphone, les clefs...qu'est ce que tu voulais que je fasse?! "
-" et les béquilles ?"
- "J'ai un peu mal au pieeeeeeeed"
... Alors là, tu ne peux pas garder ton sérieux, impossible.
Il est 3 heures du mat, t'es épuisée, t'as froid, mais tu es avec ta meilleure amie, à manger du nutella et à boire du thé autour d'une histoire insensée.
A trois heures du mat'...c'était pas vraiment prévu...mais tu te mets à rigoler.
Et puis quand elle finit par dire, que tu devrais être touchée, parce que le seul numéro dont elle se souvenait, c'est celui de ton digicode, non seulement t'arrives pas à t'énerver,
mais en plus t'es contente qu'il soit depuis 10 ans, comme votre amitié, finalement inchangé...
jeudi 30 octobre 2008
Pique et pique et colegram, Amstramgram...
Aujourd'hui j'avais prévu de te parler de photo, de promenade, quelque chose de léger.
Et puis hier, j'ai subi mon premier revers.
Alors laisse-moi t'expliquer, à toi qui me lis...
Il me semble à présent nécessaire de justifier, ce qui devrait de fait, se taire.
J'écris des billets, certains tristes, d'autres gais...
Tous sont issus d'une réalité, certains s'y collent de près et d'autres guère.
Et je me prête à l'exercice, par gout et par envie.
Mais je vais préciser ceci: ce blog n'est en rien un journal intime, ce sont des tranches de vie, et pas toujours les miennes.
Je croise en journée des visages et des mots qui m'inspirent et comme on ne fait pas d'émotions avec des mots tendres et des réalités mitigées, j'y prends ce que je veux, je transforme, j'améliore, j'acère ou je précise. Et parfois, je n'y touche pas, quand c'est fort à l'état brut.
Alors à mes amis, mes amours et mes racines,
Si je te cite, ce sera toujours pour rendre hommage,
Mais si ce n'est pas le cas,
N'en prends donc pas ombrage, ces fictions là ne t'appartiennent pas.
PS: Et parce qu'aujourd'hui est un jour de fête, en cela qu'il précède le weekend, je posterai dans la journée, le billet initialement écrit et quelque peu spolié! Youhou ! Oui madame, plutôt deux fois qu'une ;-)
mercredi 29 octobre 2008
Conte de la folie ordinaire
Jeune lecteur attention, si tu as décidé de passer une bonne journée, ce billet n'est pas pour toi, passe ton chemin. Demain sera sans doute plus optimiste.
Nuit noire dans le théâtre,
Pendant une heure et demie un homme incarne une Camille Claudel au désespoir, internée pendant les vingt dernières années de sa vie dans un hôpital psychiatrique, déchue de ses droits, de son humanité, de son talent.
En filigrane, l'aliénation du monde entier sous les traits d'un Rodin usurpateur, d'une mère et d'un frère collaborateurs. La voix de Paul Claudel résonne en fond de scène et le comédien tord ses mains, lamente et supplie: une heure et demie remplie d'une plainte douloureuse et réfléchie.
La lumière est: standing ovation pour un comédien brillant, hors pairs...je me lève à grand peine de mon fauteuil, l'humeur ternie et sans doute suicidaire. Les portes s'ouvrent, bruit de troupeau, écharpe et cigarette, le froid resserre l'étau.
- "C'est fort non? Hein, qu'est ce que t'en penses, c'est fort. Il est incroyable ce comédien!"
- "...silence..."
- " Il est incroyable ce comédien, non? Qu'est ce qu'il y a? ça ne va pas? Je suis désolée que ça te mette dans un état pareil, tu n'as pas aimé?"
Comment dire "non", un "non" massif et sans appel. C'est à dire qu'après il faut le justifier.
- "Non, je n'ai pas aimé, non je ne prends aucun plaisir à voir ce genre de trucs, ça me plombe le moral"
-"Mais le théâtre ce n'est pas forcément fait pour procurer du plaisir, c'est aussi fait pour faire réfléchir"
-" Je n'ai pas besoin de ça pour réfléchir. Je n'ai pas besoin de voir la souffrance en spectacle pour réfléchir. Je ne veux pas payer pour voir un homme sur une scène au martyr."
- "Non mais ce n'est pas ça l'intérêt. L'intérêt c'est d'apprendre, ça te fait évoluer, aujourd'hui on ne répète plus les mêmes erreurs. Aujourd'hui par exemple on n'enferme plus les gens gratuitement."
-"Dans quel pays?"
- "Ah oui, évidemment pas partout. Mais les choses évoluent progressivement, les sociétés changent. Tiens, quand je suis allée à Auschwitz, ça m'a choqué mais ça m'a fait du bien aussi de réaliser, j'avais besoin de ça pour comprendre. S'y confronter aide à ce que ces horreurs ne se reproduisent plus"
-" Une dernière fois: dans quel pays?
Tu trouves que l'humanité a progressé, toi?
C'est très bien d'aller à Auschwitz pour réaliser, pour réfléchir, pour être touché...
Mais je vais te dire, Auschwitz n'est pas mort, il s'est juste déplacé.
Silence inquiet, vraiment inquiet.
Comme si je plombais une deuxième fois la soirée. Alors non, s'il te plait, ne t'inquiète pas. Je ne dis pas que je ne crois plus en rien, que je n'ai plus gout à la vie. Tu me connais, c'est tout le contraire.
Mais pour notre affaire, plutôt rêver. Plutôt rêver que d'imposer à mes temps de repos le loisir insensé de voir l'Homme torturé. Parce qu'il me suffit de sortir de chez moi, d'entendre les gens parler, d'allumer la télé ou d'ouvrir un journal pour être dans l'assistance, la vraie, celle de la vie, de celle qui retient ton coeur un peu plus d'une heure et demie.
Donc non, nul besoin de le jouer en soirée.
Le monde reste un spectacle gratuit qu'une majorité est contrainte de payer...
Mémoire vive
C'était une belle journée de juin et je me souviendrai toujours de la voix étranglée mais sereine de AS au téléphone, juste pour dire..."Occupez-vous de ma petite sœur, moi je ne peux pas je suis trop loin".
Je me souviens aussi de ce train que l'on a pris collégialement, la bande de potes de toujours, à quinze dans un wagon, à regarder les kilomètres s'enfuir et nous ramener à la terre, à l'écho des montagnes et à ceux de l'enfance.
Je me souviens de l'église et du noir sur la peau, de nos gueules de corbeaux qui jurent avec haut dans le ciel, les autres oiseaux.
Je me souviens d'un pique nique improvisé au bord de l'eau, de T. qui dans le train du retour a sorti une Tomme puante à faire fuir les voisins, de A. qui nous a fait passer le dernier test Cosmopolitain...de ces riens de la vie qui nous font sourire et nous gardent réunis.
Ce temps parait très loin, on pourrait presque l'oublier,
seulement vois-tu, comme toi je n'oublie pas...Et quand tu dis doucement que si le temps passe, le manque est toujours là...moi non plus je n'oublie pas.
Si je te parle de ça, c'est qu'aujourd'hui c'est F. qui s'en va, elle laisse sans doute beaucoup d'amour et d'impressions...
Ils ont coutume de dire que personne n'est irremplaçable, c'est un peu faux je crois,
Nous sommes tous l'irremplaçable de quelques autres
mardi 28 octobre 2008
Pour Nature
lundi 27 octobre 2008
Contre nature
Approche-toi que je te raconte un peu à quel point les espaces verts de nos villes n'ont de vert que les sacs poubelles qui jalonnent leurs allées.
Tu connais le Champs de Mars?
Ce grand terrain de cricket coincé entre le fer et la rue, entre la presque mer et les détritus.
Tu situes?
Parce que je ne sais pas où tu vas toi le parisien, quand dimanche vient et que pour une fois t'as réussi à sécher le traditionnel déjeuner familial et son gigot king size, que pourtant tout à l'heure dans ton assiette il n'avait pas l'air si gros que ça...
Enfin, je ne sais pas où tu vas...mais moi dans une de ces crises de bonne résolution qui te poussent à croire (bêtement il faut bien le dire) que tu serais sans doute mieux dans le froid à marcher que sous la couette devant un DVD, donc, disais-je, moi je vais faire un tour sur le champs de mars, histoire de "m'aérer" les poumons.
C'est donc d'un pas presque guilleret que je me dirige vers cette étendue de verdure, dont l'herbe grasse et luxuriante attire chaque dimanche la moitié des familles Cyrillus du 7eme et du 15eme arrondissement de la Capitale.
Eh bien mon ami, dis toi bien qu'à peine avais-je posé le pied sur mon cm carré de pelouse que d'un coup, là dans le (vacarme) silence dominical, je sens une odeur suspecte.
Plus très sure de mon coup, je prends une grande inspiration...mais damned! L'attaque est plus sévère que jamais.
Alors là, comment t'expliquer, tu commences à t'interroger, tu regardes furtivement aux alentours, histoire de voir si un cyrillus junior ne se serait pas "oublié" à proximité, tu scrutes le sol, les plaques d'égout, la mamie d'à côté...Mais non, rien, rien de suspect
Et puis, d'un coup d'un seul, tu prends le champs de mars dans sa globalité, tu chausses comme qui dirait tes lunettes 360 degrés et là, tu t'aperçois que partout dans les allées et les bosquets, le meilleur ami de l'homme est passé, et avec lui tout un tas d'immondices que je ne souhaite même pas nommer.
Parce que dans cette ville ou les poubelles sont trop souvent plus nombreuses que les gens civilisés, les gentils amis des caninés, sous prétexte de "choses naturelles" vont pourrir les allées de nos parcs chaque jour en début de soirée.
Sauf que Milou, tu l'auras deviné, n'est guère plus éduqué...
Tu veux savoir comment finit l'histoire?...bah attends un peu l'été, quand en plus de ce formidable engrais, pousseront sur les pelouses, des canettes, des mégots, et des papiers...
http://www.deezer.com/#music/result/all/l%27herbe%20tendre%2C%20gainsbourg%2C%20volume%204
Mon credo, mon confiteor
Ces jours noirs et venteux où rien ne perce à part la pluie. Tu sors le matin dans le gris et quand tu rentres... il fait presque nuit!
Je l'ai bien regardé à travers le carreau, pendant deux ou trois minutes, au chaud dans mon bureau, mais rien à faire, même sous le néon...tu sais, juste un frisson... Difficile hein?
Et tu sais pourquoi?
Parce que le lundi au soleil, ça n'existe pas, ou seulement dans les chansons.
Un jour comme celui ci, pour être chaud et devenir beau, ça demande des bougies, du chocolat chaud, un bon film, et plus tard un Bordeaux.
Je te dis ça et en même temps je sais que les jours gris sont bien plus exigeants que les jours de beau temps, qu'il faut beaucoup de conditions réunies.
Et plus j'y pense, plus je me dis que le jour gris que je préfère, eh bien...c'était hier. Et que je n'y suis pas pour grand chose. Il se trouve que certains se sont chargés de le rendre plus rose.
Alors je vais te dire merci,
Merci à AS qui en sortant de l'hôpital est venue "boire le thé",
merci à A. qui, cheveux mouillés, a déposé deux heures plus tard quelques baisers, des chocolats et un plein plateau de financiers,
A ma deuxième A. qui faute d'électricité a rejoint le terrier, mis un peu de musique et beaucoup parlé...
Aux bougies qu'on a allumé, à la couverture vieille et chaude sous nos pieds,
A JC, FX, E et S qui nous ont rejoints, au cake original pas complètement raté, au champagne qu'on a presque oublié, à la musique actuelle et à celle dépassée.
A la merveilleuse improvisation de ceux qui bravent le vent dehors,
A ceux qui montent encore à l'abordage et qui ont dans leurs mains le talent fabuleux de faire perdre le nord.
dimanche 26 octobre 2008
L'aigle noir
C'est un grand châle noir qui doit bien mesurer dans les deux mètres de long, pas très pratique pour marcher, danser ou ne rien faire.
C'est un grand châle noir que j'enroule le jour autour du cou et qui glisse sur l'épaule quand arrive le soir. Quand il est enroulé je ressemble à une lycéenne mais porté décemment je deviens parisienne.
Il revient chaque année en même temps que l'hiver et je ne peux te dire le plaisir que j'ai alors à le porter, le plier, le faire et le défaire.
Il est en laine je crois mais pas grossière,
assez fine et très douce,
et dans le pli de la maille quand j'y cache mon nez, on y trouve cette odeur familière.
Le châle noir sent l'amande, le miel et le lait, quelques notes aussi de Chanel oubliées.
J'ai beau l'avoir lavé un millier de fois,
Elle a beau me l'avoir donné il y a plus de cinq ans,
le châle noir reste encore le châle noir de maman....
samedi 25 octobre 2008
Le Grand Méchant loup Acte II
C'est bien, le train redémarre.
Autant te dire qu'après un lever de soleil comme ça, on aurait pu m'annoncer que je partais pour un Transsibérien avec LUI, je me serais juste rencardée pour savoir où se trouve la Vodka...mais moufter non je ne crois pas.
Donc détendue, zen, et il a du le sentir mon Mesrine, il a du sentir que d'un seul coup, il ne me faisait plus peur du tout. Eh bien tu le croiras ou pas, effet de domino oblige, il a regardé le soleil rouge au loin, a souri, attrapé son appareil photo, et au premier déclic m'a dit "Je te l'enverrai parce qu'avec ton portable la qualité ne doit pas être au top".
Puis il a dirigé le flash sur moi:
- "Vas-y, souris"
- "Non tu rigoles? T'as vu ma tête? 2 heures de sommeil dans les pattes, pas maquillée, pas coiffée.." -Clic- trop tard !
- "Ah oui, effectivement, t'aurais peut-être du te maquiller", et il se marre le con, mais pas méchamment, non juste gentiment, il taquine.
Et c'est à partir de là que j'ai presque passé une chouette matinée. Parce que tout est allé très vite, que nous étions pressés, fatigués mais qu'il a été attentif...tout le temps. Depuis le café qu'il m'a servi, puis échangé contre le sien parce qu'une fille réalise toujours trop tard qu'elle ne veut pas de sucre, jusqu'au déjeuner qu'il a payé en blaguant avec le serveur et aux conversations qui ont parlé de ski, de montagne, de ses enfants, de la crise économique, des gouts culinaires, du dernier bouquin lu...de tout sauf de boulot.
Tu ne t'attendais pas à celle-là hein? Bah moi non plus.
Mais ça a fait fonctionner mon cerveau de mouton...Je me suis dit qu'un mec comme ça est responsable de trois cent personnes, que si sa boite sombre, ce seront autant de chômeurs. Que gérer les desiderata des uns et des autres au quotidien ne doit pas être une mince affaire. Qu'il n'est certes pas au top question management, que lorsqu'il s'énerve crois moi qu'il vaut mieux rejoindre sa tranchée fissa...
Mais "IL" est juste un être humain, et à bien regarder nos nombrils, le mien non plus n'est pas très clean.
Et tu sais ce qui rattrape définitivement le retard et les avaries?
Le mot de la fin sur le périph, en rentrant le soir et passant devant un panneau publicitaire giant made in l'Oréal, il s'exclame:
"Top eyes roller on, pour faire plus jeune - soupir- j'en peux plus de ces pubs de M.......! qui vendent du vent avec des mots qui ne veulent rien dire"
et moi de rétorquer:
"Mais F., c'est ce que nous faisons tous les jours. On fait le même boulot ! "
Seconde d'hésitation...sourire
"Ouais, t'as raison, on fait exactement le même boulot..."
vendredi 24 octobre 2008
Le grand méchant loup Acte I
Jeudi, 17h54...à l'heure ou noircit la campagne, dans un atelier clandestin de Levallois-Perret :
Un jeune trader, cravate au vent et boutons de manchette made in Broadway, fait irruption dans mon bureau pour m'annoncer, sourire au lèvres, que je pars le lendemain matin première heure à Bruxelles pour une réunion client fixée à l'improviste...soit, excuse moi de le préciser, 6 minutes exactement avant que je ne quitte mon siège de fonctionnaire pour rentrer dans mes pénates, le sentiment tranquille du devoir accompli.
Comment te dire que l'annonce a fait l'effet d'une bombe et ce pour deux raisons:
D'abord parce que mon statut de (vieille?) fille célibataire m'habitue de moins en moins à ce genre de coup de Trafalgar inopiné dans mon emploi du temps.
Ensuite parce que mes gentils collaborateurs, non contents de pourrir mon réveil Chérie fm, m'annoncent d'un air grandiloquent que je pars avec le Big Boss, The One, Lui même.
Cerise sur le cheddar, tu en conviendras...
Parce que ce qu'il faut savoir, ami lecteur, c'est que LUI, en plus d'être inatteignable, jouit d'une réputation un peu particulière, tendance fils naturel de Mesrine et de Paris Hilton. Tu vois un peu mon affaire?
Bref, je te passe la nuit agitée par l'angoisse, le doute et le manque d'assurance, sentiments néanmoins radicaux contre les pannes de réveil.
"Ressaisis-toi ma fille", que je me dis en mon for intérieur, c'est sans doute l'occas' en or de tester la barquette de frites au ptit dej. Et gonflée de ce positivisme artificiel, je me suis retrouvée deux heures plus tard, calée presque confortablement dans un train direction Bruxelles avec Mesrine Junior à mes côtés.
Et là, Dieu a du m'entendre parce que d'un seul coup, alors que je tournais machinalement la tête vers la nuit noire et mordante, j'ai aperçu au loin, le soleil qui se levait.
Je pense que toute personne normalement constituée ayant aperçu l'aurore ce matin n'a pu que se réjouir d'être en vie.
Les cieux jusqu'alors denses et sombres comme un puits sans fonds se sont fendus en deux sous l'effet d'une lumière nouvelle et salvatrice. L'horizon se découpait sous une bande de clarté très mince et étirée, en deçà de la masse nuageuse, comme le ferait la frise dorée des chefs d'œuvre oubliés qui dorment dans les musées.
Puis, La couleur orangée s'est étendue, l'ombre des arbres s'est découpée et là bas, au loin, très loin, à mille lieux des rendez-vous, des gens affairés et des trains surbookés...un rayon a percé.
Tiens, c'est pas compliqué on serait cru dans Out of Africa avec Redford murmurant des mots d'amour sur fond de Mozart et de savane. (Le paysage, hein? pas le gâteau. C'est pour voir si tu suivais...)
Sauf que...sauf que...en face de moi, j'avais plutôt Robert, accroché à son Cac 40 comme si sa vie en dépendait, et faute d'Amadeus le requiem SNCF du train qui " suite à une avarie matérielle...immobilisé...merci de patienter...".
Merci de patienter,
Merci de patienter,
jeudi 23 octobre 2008
Les âmes grises
La fête à neuneu
Mais...il n'est pas disponible, presque marié pour ainsi dire, cœur et mains liés à une autre vie.
Et moi je suis tombée amoureuse comme, dirait l'autre, certaines tombent d'une chaise, sauf que ma chaise à moi, ressemble plus à un trône de 10 étages.
Alors pendant quelques mois je suis montée sur le manège modèle séduction, tu sais celui qui brille de mille feux, garni de miroirs aux alouettes, de flonflons et chansonnettes; et tu peux me croire, j'en ai pris pour plusieurs tours, un coup en haut, un coup en bas...mais jamais suffisamment près du sol pour me rappeler qu'on n'est finalement bien que sur cette bonne vieille terre.
Et puis un jour, mon cheval s'est essoufflé : engrenage rouillé, rien à faire, sans doute marre de courir pour rien, de servir l'orgueil du forain...et moi de me prendre pour la foraine, alors que soyons clairs, la foraine, tu la vois d'ici, elle est à terre depuis longtemps, pas triste non, elle attend surement que ça passe, planquée dans sa guérite et elle aussi, elle encaisse...
Alors, ceci a l'air un peu tristoune j'en conviens mais rassure toi, tout cheval emballé finit un jour par s'arrêter.
Eh bien tu sais quoi?
J'ai un peu le tournis, un peu la nausée, je vais éviter les Pommes d'amour pendant un petit moment, mais au prochain stand de tir...je tente ma chance.

