
Ils font du hip hop,
sur des airs de rap que je n'écoute pas et que je ne comprends pas.
Ils s'appellent Kader, Med, Mo, Bachir, Fabien,
C'est de la racaille, de la vraie, celle qui vient des quartiers sensibles et qui a atterri dans une institution catho, au beau milieu du 16eme arrondissement, parce que leurs parents n'arrivaient plus ou suite à une demande des services sociaux.
Choc des cultures.
Ils font du hip hop entre leurs heures de cours et ils le font bien.
Ils apprennent au jour le jour à redevenir des gens bien, à cracher le manque d'amour et le manque de soutien.
Ils s'appellent Kader, Med, Mo, Bachir et Fabien et après avoir fait leur set de hip hop parce que toi tu le veux bien, ils te disent "Merci Madame" et ils te serrent la main.
Et 300 mètres plus loin...
Ils ont un Ipod,
greffé au milieu de leur main et répondent aux questions, oreillettes enfoncées sans éteindre le son,
Ils ont des pantalons et des vestons griffés Diesel, Eden Park et Calvin Klein
Ils s'appellent Astrid, Paul, Edouard, Claire et Augustin
Ils restent des heures devant leur lycée ou aux abords des cafés, à occuper la totalité du trottoir, à parler fort, à fumer, à se demander dans quelle boite ils vont aller vendredi soir.
Et quand toi tu essaies de passer, que tu demandes pardon et même s'il vous plait, ils se contentent de t'ignorer.
Au mieux ils déplaceront une épaule en t'écrasant le pied...
8 commentaires:
Oui d'accord...
Mais c'est un peu catégorique non???
Si c'était si simple...
J'ai travaillé des années avec les premiers et n'aurais eu que peu de plaisir avec les seconds... C'est clair!!!
Mais la violence n'est pas toujours "sublimée"... parfois elle est directe et tranchante. J'y ai eu droit, dans ma classe. Comme on en parle peu dans les médias (oui beaucoup de choses sont tues)... on idéalise beaucoup!
Je trouve que c'est un peu vite généralisé, non ?
Je travaille avec les premiers et j'aime ça... Même si parfois, ils me fatiguent ^^
Je ne connais pas les 2 donc je ne peux rien dire! Juste que ton texte est bien écrit quand même :-)
Alors, alors... :-)))
@ Chrys et Papotinette: Je me doutais que ce billet créerait des turbulences ;-)
Alors oui, bien sur que c'est généralisé et c'est leur tirer le portrait un peu vite, d'où le titre en fait :-)
J'ai bien conscience que c'est du cliché.
Cela étant dit, c'est stricto sensu ce que j'ai vécu hier en l'espace de 2 heures, et l'image m'a choqué, dans les deux sens. Je trouvais intéressant de le raconter tel que c'est arrivé.
Pour une fois que le cliché se passe dans ce sens là...
Voilou.
@Thé Citron: Merci madame :-)
Effectivement, c'est bien de préciser que c'est un exemple de cas qui arrivent mais qu'on ne peut pas généraliser. J'aime bien ta façon de raconter ce moment. Ca reflète bien la réalité de certaines situations.
Une fois les précisions sur les généralités faites, il n'y a plus de critiques à porter à ce texte. C'est bien écrit, avec un certain rythme. On pourrait en faire un slam.
Il fallait que ce fut dit.Et entre ces deux extrêmes, le juste milieu, c'est juste ceux dont on ne parle pas: les gens heureux n'ont pas d'histoires.
Enregistrer un commentaire