Hier,
23h sur Face de bouc,
une vidéo gentiment proposée par un "ami", intitulée 'truc de ouf'
De jeunes cons sautent d'un rempart directement dans la mer:
Le premier saute, acclamé par ses potes,
et puis dans le champ de la caméra amateur tu aperçois un parapet qui s'avance sur la mer juste en surplomb du lieu d'atterrissage.
Et là, quand le deuxième s'apprête à sauter, toi tu t'apprêtes à comprendre...
Le fameux 'truc de ouf'...
Et tu as juste le temps de détourner le regard et de cliquer sur pause, mais c'est trop tard, tu as entendu le cri d'horreur du caméraman...tu as vu une tache rouge sur l'écran.
Je ferme la fenêtre et vais ouvrir la mienne.
La nuit a été courte.
C'est vrai, l'humanité a progressé,
Aujourd'hui les jeux du cirque se téléchargent en un coup de clic.
mardi 22 septembre 2009
lundi 14 septembre 2009
La vie est un long fleuve tranquille
Quand il était petit il n'aimait pas le vin.
Il dégageait la tête d'un air dégouté en poussant des grognements perçants et horrifiés, ça a duré jusqu'à l'adolescence.
Aujourd'hui il adore ça. Enfin le bon, il adore le bon vin. Il ne comprend même plus comment un jour il a pu dénigrer la couleur de la robe, le velours du tanin, la douceur ou le poivre du parfum.
Pareil pour les couleurs.
Sa première maison, il l'a peinte toute en jaune. Du jaune sur les murs du salon, dans la chambre de son premier enfant, dans son bureau. Même le frigo dans sa mémoire, même s'il ne l'était pas, à présent il est jaune et cela lui fait horreur.
Il pense à ça seul debout devant la glace, tandis qu'il resserre son nœud de cravate
et qu'il redresse le col de sa chemise, comme tous les matins.
La femme qui passe derrière lui n'est plus celle qu'il a épousée,
Et parfois il la guette en cachette pour guetter le passé.
Alors si du jaune, du goût d'elle ou du goût du tanin,
Rien ne reste
Que des plis qui se creusent davantage au revers de la main,
Et l'avis qu'on retourne aussi vite qu'une veste,
Qu'est ce qu'il reste?
Rien qu'une cravate et qu'un nœud,
Qu'il resserre, bien fort;
Pour tenter de s'arrimer en s'étranglant un peu...
Il dégageait la tête d'un air dégouté en poussant des grognements perçants et horrifiés, ça a duré jusqu'à l'adolescence.
Aujourd'hui il adore ça. Enfin le bon, il adore le bon vin. Il ne comprend même plus comment un jour il a pu dénigrer la couleur de la robe, le velours du tanin, la douceur ou le poivre du parfum.
Pareil pour les couleurs.
Sa première maison, il l'a peinte toute en jaune. Du jaune sur les murs du salon, dans la chambre de son premier enfant, dans son bureau. Même le frigo dans sa mémoire, même s'il ne l'était pas, à présent il est jaune et cela lui fait horreur.
Il pense à ça seul debout devant la glace, tandis qu'il resserre son nœud de cravate
et qu'il redresse le col de sa chemise, comme tous les matins.
La femme qui passe derrière lui n'est plus celle qu'il a épousée,
Et parfois il la guette en cachette pour guetter le passé.
Alors si du jaune, du goût d'elle ou du goût du tanin,
Rien ne reste
Que des plis qui se creusent davantage au revers de la main,
Et l'avis qu'on retourne aussi vite qu'une veste,
Qu'est ce qu'il reste?
Rien qu'une cravate et qu'un nœud,
Qu'il resserre, bien fort;
Pour tenter de s'arrimer en s'étranglant un peu...
dimanche 13 septembre 2009
Rester à l'ombre
Je me souviens avoir pensé il y a un an,
L'automne arrive.
L'automne et derrière lui en filature pas très discrète
l'hiver et son filet mouillé.
Froid et mouillé.
Et je me souviens avoir pensé,
Ayant chanté comme une cigale tout l'été,
tu connais le refrain,
que la bise venue,
J'aimerais là maintenant qu'il y ait quelqu'un pour l'arrêter.
Tout à l'heure je me souviens avoir pensé,
J'ai un peu froid là dans le courant d'air qui s'installe en traitre,
Et qui prend de l'ascendant, en douce,
sur le thermomètre.
J'ai un peu froid...
Et je me souviens avoir dit un peu bas,
C'est bon de t'avoir près de moi,
Quand l'hiver arrive et avec lui, les frimas.
L'automne arrive.
L'automne et derrière lui en filature pas très discrète
l'hiver et son filet mouillé.
Froid et mouillé.
Et je me souviens avoir pensé,
Ayant chanté comme une cigale tout l'été,
tu connais le refrain,
que la bise venue,
J'aimerais là maintenant qu'il y ait quelqu'un pour l'arrêter.
Tout à l'heure je me souviens avoir pensé,
J'ai un peu froid là dans le courant d'air qui s'installe en traitre,
Et qui prend de l'ascendant, en douce,
sur le thermomètre.
J'ai un peu froid...
Et je me souviens avoir dit un peu bas,
C'est bon de t'avoir près de moi,
Quand l'hiver arrive et avec lui, les frimas.