jeudi 11 février 2010

Guerre et paix



Hier soir, Jean Vanier à l'UNESCO.
Une conférence sur la vulnérabilité. Et le vieil homme témoigne et dit:

- Que le moment où nous sommes les plus acceptés en tant qu'êtres vulnérables est sans aucun doute la naissance. Qu'à ce stade là, nous sommes tellement perméables, que nous recevons tout. Aussi bien l'amour que les coups. D'ici viendront souvent l'assurance, la force ou bien la misère, la violence et la peur.

- Qu'il existe des milliers de peurs et que ce sont elles qui nous entravent et nous empêchent d'avancer.
La peur pour soi de ne pas y arriver, d'être moins bien que l'autre, d'être moins digne d'être reconnu, d'Être Moins à défaut d'Être Mieux.
La peur de ce qui arrive sans prévenir, de ce qu'on ne maitrise pas.
La peur de l'autre, de tous ces autres qui nous entourent, de tous ces autres qui nous sont différents.

Une peur qui engendre la construction de murs difficiles ensuite à ébrécher, qu'il suffit pourtant d'abattre pour se sentir mieux.
Accepter ce qui vient et ne plus avoir peur. Mener aussi et c'est sans doute le plus dur, vis-à-vis de soi une guerre intérieure.
Lutter pour parvenir à être ce que l'on voudrait devenir de meilleur.


...


Avant-hier il y avait cet homme à six étages au-dessous de moi. Nous fumions tous deux une cigarette.
Différence près qu'il ne me voyait pas, et que lui, il avait froid.


Je voudrais descendre et lui proposer une douche, un repas. Laver ses vêtements pourris pendant qu'il dormira dans le salon, sur le canapé, qu'il se réchauffera et qu'il se reposera. Je voudrais...

MAIS

Peut-être qu'il est fou...je ne le connais pas. Peut-être qu'il est dangereux. Peut-être qu'il va m'agresser... Il a bu déjà. S'il m'agresse, je fais quoi?
S'il veut revenir chaque soir après ça, je fais quoi?
Je ne l'ai pas encore approché qu'il me fait déjà peur.



Et ce matin, la neige recouvre tout.
C'est beau...c'est très beau même, mais c'est aussi très froid.
Et puis c'est glissant, il peut y avoir des accidents.


Au matin,
la question reste entière de savoir Qui de moi ou de moi gagnera ce combat...


6 commentaires:

Le Journal de Chrys a dit…

Nous ne pouvons être de toutes les luttes. Une vie ne suffirait pas!

dusportmaispasque a dit…

La gagnante à coup sûr ne sera pas la part d'humain dans l'humanité.
A l'aune de toutes nos peurs nous ne sommes guère épais.
Pour certaines certitudes de surface,l'impuissance est une raison pour ne pas lutter et prendre l'option autiste de "vivre heureux en attendant la mort"en regardant tomber les autres dans l'indifférence.
Article courageux,comme ton talent.
Bonne St Valentin!

Madame Kévin a dit…

Tes mots résonnent, s'attachent à moi, me poursuivent, me soutiennent aussi. Magnifique billet.

Whisker a dit…

Thumb up!

J. a dit…

@Chrys: Tout à fait d'accord. Pour l'instant c'est contre moi que je me bats.

@DSMPQ: Bravo pour ce joli guère épais :-). Bonne St Valentin à vous aussi!

@Mme Kevin: Ils me poursuivent aussi. Mais je ne desespère pas de gagner

@Whisker: Thanks! Tu changes de pseudo comme de chemise Hummock! :-)

Papotinette a dit…

Terrible cette lutte contre soi-même, contre ses appréhensions...
Superbe article...

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